
Une entreprise qui cherche une agence web compare en général trois devis, regarde les prix, et choisit le moins cher ou celui dont le portfolio est le plus joli. C’est le meilleur moyen de se retrouver, six mois plus tard, avec un site correct que personne ne trouve. Le problème n’est pas le talent des prestataires. Il est dans les questions qu’on ne pense pas à poser, parce qu’elles portent sur des choses invisibles au moment du devis. Les cinq questions ci-dessous coûtent dix minutes, et elles écartent la majorité des prestataires qui ne tiendront pas la distance.
Première question : qui écrira les textes ?
C’est le point qui déraille le plus, et de loin. Beaucoup d’agences livrent la maquette et laissent les contenus au client, sans l’annoncer clairement au départ. Le devis mentionne une refonte complète, le client comprend qu’il recevra un site fini, et découvre à la livraison qu’il doit rédiger quinze pages lui-même. Le site reste alors en attente pendant des mois, avec des textes provisoires ou des pages vides. C’est un cas fréquent, et il n’a rien à voir avec la mauvaise foi : personne n’a posé la question.
Demander explicitement trois choses. Qui rédige. Combien de pages sont comprises dans le prix. Ce qui se passe concrètement si le client ne fournit pas ses contenus dans les délais. La réponse à cette troisième question en dit long sur l’expérience réelle du prestataire.
Deuxième question : le site sera-t-il indexé, et comment le saurai-je ?
Un site en ligne n’est pas un site présent dans Google. Ce sont deux états différents, et le second ne découle pas automatiquement du premier. Chaque page doit être indexée, ce qui se vérifie page par page dans la Search Console. Une agence qui travaille sérieusement ouvre cet accès au client et lui montre, après la mise en ligne, le nombre de pages réellement indexées. Si la réponse à la question est vague, du type nous nous en occupons ou Google le fera tout seul, cela signifie que personne ne vérifiera. Et une page non indexée est une page qui n’existe pas, quel que soit son contenu.
Le cas classique : une refonte qui change toutes les adresses des pages sans redirections. Le site est joli, il est en ligne, et il a perdu tout ce que l’ancien site avait accumulé. Cela se répare, mais cela se répare bien plus vite si on s’en aperçoit la première semaine plutôt qu’au bout de six mois.
Troisième question : qui possède le nom de domaine et l’hébergement ?
La réponse doit être : le client. Un nom de domaine enregistré au nom de l’agence transforme chaque désaccord futur en rapport de force, et rend un changement de prestataire compliqué là où il devrait prendre une journée. Cela se vérifie avant de signer, pas après. Demander à voir le compte, et à en être le titulaire. Un prestataire honnête n’y voit aucun inconvénient, c’est même parfois lui qui le propose. Une réticence sur ce point est un signal en soi.
Quatrième question : qu’est-ce qui est mesuré, et par qui ?
Sans mesure des appels lancés depuis le site, des formulaires envoyés et des visiteurs venus des moteurs de recherche, il est impossible de dire si le site fonctionne. On se retrouve à juger un investissement à l’impression. Or un site qui reçoit du monde mais ne transforme personne et un site que personne ne visite sont deux problèmes opposés, avec deux solutions opposées. Traiter l’un en croyant traiter l’autre coûte du temps et de l’argent. Demander quels outils de mesure seront installés, qui les consultera, et à quelle fréquence le client recevra un point.
Cinquième question : que se passe-t-il après la livraison ?
Un site n’est pas un objet fini. Il a besoin de mises à jour techniques, de sauvegardes, et de corrections quand un formulaire cesse de fonctionner. Cette dernière panne est particulièrement silencieuse : le site a l’air de marcher, les demandes ne partent plus, et l’entreprise conclut que son site ne rapporte rien. Demander ce qui est prévu après la mise en ligne, ce que ça coûte, et sous quel délai une panne est traitée. Un devis sans cette ligne est un devis incomplet, même s’il est moins cher.
Ce que ces questions révèlent vraiment
Aucune de ces cinq questions ne porte sur le design. C’est volontaire. Le design se juge à l’oeil, tout le monde en est capable, et c’est précisément pour cela qu’il occupe toute la discussion pendant les rendez-vous commerciaux. Ce qui distingue un prestataire qui livre un site qui rapporte d’un prestataire qui livre une vitrine, ce sont ces cinq points, et aucun n’apparaît sur un portfolio. Un devis un peu plus cher qui répond clairement aux cinq revient moins cher qu’un devis bas qui n’en couvre aucun, parce que le second se paie une deuxième fois, un an plus tard, pour refaire ce qui aurait dû être fait.
Une entreprise implantée en Haute-Garonne trouvera le détail de cette méthode, avec la liste des vérifications à faire avant et après la mise en ligne, chez l’agence AmiSEO.






